Le village :
Plans et descriptifs des palombières de Naphal et Gategorena

Les
Palombes traversent la France pour aller hiverner dans la Péninsule
Ibérique ou plus au Sud en Afrique du Nord. La principale zone de
franchissement des Pyrénées se situe à l’Ouest entre Hautes Pyrénées et
Pays Basque, ainsi la Soule est le plus beau couloir de migration pour
tous les oiseaux.
Pourquoi un oiseau appelé dédaigneusement
pigeon, longtemps méprisé par les chasseurs au dessus de la Loire
devient-il soudain Palombe, oiseau noble, capable de faire vivre et
rêver le Grand Ouest le nez en l’air toute la période de migration.
Les palombes arrivent fin Septembre et le plus gros des passages se
situera vers la St Luc et Saint Grat (18 et 19 Octobre). Dès fin
septembre, les chasseurs de palombes ressentent les premiers symptômes
d’un mal bien connu : « le mal bleu ».
Une saison de chasse dure en moyenne 50 jours, il faut compter 2 à 3
jours de préparation avant la chasse et 1 jour de démontage après la
saison. Chaque chasseur, organise et entretient son poste.

Les
filets (pantières ou xare) utilisés au début étaient en chanvre, filés
et tissés par les marins de la côte. Ils étaient lourds et difficiles à
manœuvrer les jours humides mais n'offraient que très peu de resistance
au vent.
Avec le temps sont apparus les filets en nylon en forme de
cage (avant, on laissait un ventre au filet pour que le vol s'y
engouffre). Ils sont beaucoup plus légers, plus faciles à manipuler
pour récupérer les captures et à hisser, mais ils comportent quelques
petits inconvénients : le nylon brille au soleil, et plus légers, ils
offrent une résistance au vent plus importante qui les font bouger les
jours de brise, ce que la palombe détecte facilement, et qu'elle évite
aussi facilement.

Les premiers chasseurs postés le long du couloir que forme la vallée agitent des drapeaux(chatars) et crient pour guider le vol vers l'emplacement des filets.
Entrent en jeu ensuite les lanceurs de raquettes qui font baisser le vol.
Les chasseurs jouent sur l'instinct de survie de la palombe face à son principal prédateur : l'épervier et l'autour.
Ceux-ci attaquent les palombes avec une très grande vitesse par le dessous
en frappant la palombe à la poitrine. Pour acquérir cette vitesse, ces
rapaces plongent de très haut et passent au dernier moment sous le vol.
C'est ce qu'imitent les raquettes lancées par les chasseurs.
Pour
déjouer ces attaques, les palombes n'ont qu'une seule solution :
réduire la distance qui les séparent du sol pour empêcher l'oiseau
d'attaquer par dessous. C'est pour cela qu'elles plongent elles aussi
vers le sol.
Ensuite, le dernier rabatteur finalise le travail de ses prédécesseurs toujours à l'aide de raquettes pour faire plonger les palombes dans les filets.
Les palombes appeurées rentrent dans le piège et les responsables des filets les ferment.
L'ensemble
des chasseurs qui sont autour des filets sortent de leurs caches pour
ramasser les palombes capturées dans le filet qui est maintenant fermé
au sol.
Une fois les palombes au sol, emmaillotées dans le filet,
les ramasseurs se glissent sous l'avant du filet. Ils ramassent les
palombes très rapidement au cas où un autre vol arriverait. Ils
glissent les oiseaux dans la "chamara", veste de toile bleue ou noire très ample, ouverte sur le devant et serrée à la taille par un cordon.
Les filets peuvent donc être relevés très rapidement.
Beaucoup de paramètres entrent en jeu dans la capture des palombes au filet :
L
es conditions climatiques.
Le savoir faire des chasseurs.
La discrétion des visiteurs (la pluspart des sites sont ouverts au public).
La nervosité des tireurs au vol postés derrière le filet.
Les palombes sont donc prises vivantes. Celles du début de saison peuvent être vendues aux chasseurs pour servir d'appelants en cabane.Plus tard, les captures sont vendues mortes à des particuliers ou à des restaurants. Ce qui est sûr, c'est que le directeur de chasse tient à jour les comptes des commandes et des jours de présence des chasseurs, car à la fin de la saison, il faudra faire le partage.
Pour
certaines pantières, il faudra réserver une certaine quantité des
prises à la commune "hôte" qui aura "cédé" son droit de chasse ou aux
différents "propriétaires".
Pour d'autres, les chasseurs sont
rétribués en fonction des prises, non pas en palombe cette fois-ci mais
bel et bien en argent.
Certaines louent une partie du territoire de rabat à la commune et
doivent donner une palombe à chaque habitant .Chaque pantière a sa
façon très spécifique de gérer ses prises.On trouvera aussi sur
quasiment toutes les pantières des locations de tir au vol derrière les
filets. Une façon de plus de pouvoir financer l'entretien et le
maintien de l'activité de certaines qui ont failli être définitivement
fermées il y a quelques années.

Plan et descriptif de la palombière de Gatagorena
La création de cette chasse n'est pas très ancienne (1910).
Très difficile d'accès jusqu'en 1980, date à laquelle a été ouverte une piste desservant les estives et la forêt communale d'Ordiarp également propriétaire de la chasse...
Un certain nombre de chasseurs restent encore à la cabane pour passer la nuit et ne descendent que de temps en temps.
Située à une altitude de 780 m, la chasse est ici difficile. Avant la Seconde Guerre Mondiale,une tempête a fait de gros dégâts dans les arbres au niveau du col où étaient montés les filets.
Pour les
réinstaller,il a fallu reculer et descendre presque jusqu'au bord de la
falaise où s'écoulent les sources de la Bidouze.
Ce recul a beaucoup compliqué le rabat, devenu plus long et moins naturel.
Malgré tout, après quelques années de tâtonnements; les prises en augmentation ont permis de sauver cette installation.
Succédant aux années fastes d'après guerre, les prises sont en diminution et depuis 1990 en chute libre.
Les oiseaux boudent la vallée de Gatagorena au point que la situation devient critique pour la rentabilité de la chasse, à la charge de la commune.
Si la deuxième pantière à Naphal fonctionne encore très bien et permet de couvrir les dépenses des deux chasses, la commune pourrait-elle se payer le luxe de deux installations si les prises diminuaient encore?
Plan et descriptif de la palombière de Naphal
Le
col de Naphal est situé en forêt communale d'Ordiarp qui est également
de ce fait propriétaire de cette deuxième installation.
Les filets sont à une altitude variant de 500 à 520m. L'origine de cette chasse est difficile à établir.
Elle doit dater du XIXe ou XXe siècle au vu de l'état de la forêt et du
site. Ordre et discipline font le succès et la relative régularité des
prises de cette chasse qui figure dans le peloton de tête par ces
résultats.
Les vols arrivant de la plaine suivant l'altitude, s'engagent soit, dans la vallée de Gatagorena, soit vers le col de Naphal. Ils sont annoncés par un poste en bout de vallée, puis pris en charge par un chatar situé sur le versant opposé. Ce chasseur est l'homme clé de la chasse. Voyant toute la vallée, suivant la moindre réaction des vols, il commande successivement tous les postes de rabat jusqu'aux filets. Dans cet endroit totalement boisé de hêtres, une grande zone d'environ 500m de long et 80 à 100m de large a été rasée pour mieux faire plonger les palombes. Les postes de rabat sont construits dans les arbres composant la lisière supérieure du couloir. Régulièrement, les chasseurs rabattent le taillis sur une partie du couloir maintenant ainsi une végétation assez rase mais paraissant naturelle aux oiseaux chassés. Du versant opposé, le chatar, par cris et grands mouvements (claquement du drapeau), plaque les vols vers la forêt d'où jaillissent les palettes qui les font plonger dans le couloir. Les manœuvres ainsi répétées de poste en poste amènent les oiseaux ves le piège des filets.
Les prises sont faibles par rapport au nombre d'oiseaux traqués, guère plus de 1 % (cas général pour toutes les pantières).
Vient ensuite le tir de barrage de chasseurs embusqués juste à l'arrière des filets, mais, sur une autre commune : Musculdy.
Les conditions de tir, très favorables, particulièrement nombreuses et
spotives à cet endroit font que les locations sont à la hauteur de la
réputation du col .
Les communes d'Ordiarp et Musculdy liées au succès de l'entreprise, se partagent les bénéfices.
Le succès des tirs au vol et des filets n'est dû qu'à une parfaite
organisation et au respect mutuel. Ces deux conditions sont gérée de
main de maître par le chatar.
Ce dernier voyant toutes les manœuvres et toute la vallée commande les
tireurs au vol. Il est hors de question de tirer sur des oiseaux
passant au dessus des filets si un autre vol est travaillé dans la
vallée. Les bavures sont alors sévèrement sanctionnées et l'exclusion
est possible en cas de récidive.
Les accès totalement revêtus ont fait perdre, un peu, l'aspect sauvage et calme du lieu.
Le chatar est parfois obligé de "gendarmer" un surnombre de visiteurs
bruyants, pas toujours au fait de la science de la chasse aux pantières.
Visiteurs, calme et habits neutres sont de rigueur en ces lieux.
Les chasseurs vous en seront reconnaissants!
Il en va de même pour toutes les pantières.

Site de la Mairie d'Ordiarp-Urdiñarbe village de Soule en Pays Basque dans les Pyrénées Atlantiques(64).
Mairie 64130 Ordiarp
05 59 28 07 63
comordiarp@cdg-64.fr